FAQ

« Si une démocratie se met en tête d’éliminer des pensées jugées déviantes, en se donnant les moyens de dissoudre les groupes ou les mouvements qui les représentent, si elle se lance dans la diabolisation de l’autre, voire dans une véritable tentative de criminalisation, c’est contre ses propres fondements qu’elle agit alors, insidieusement. »

 

Avant de se mettre en chemin, les Abstentionnistes Engagés que nous sommes ont demandé à leurs proches ce qu’ils en pensaient. Nous avons interpellé, intéressé et parfois (souvent même) déchaîné les passions. Nous avions besoin d’éprouver notre démarche et de partager nos propositions pour une première Démocratie. Nous avions besoin d’être intelligemment critiqués, remis en cause,  pour éprouver la pertinence de notre démarche et de nos propositions.

Nous avons donc créé un fichier partagé pour que notre réseau de sociabilité qui ne croyait pas au projet puisse nous faire part de ses doutes, de ses craintes, de son scepticisme voire de sa colère. Nous avons souhaité bénéficier de points de vue divers pour tester la validité du projet que nous portons : faire de l’abstention un acte politique, un moyen de pression citoyenne pour démocratiser le régime représentatif. A la lumière de ce crash-test idéologique, nous avons serré quelques boulons, huilé la mécanique de nos propositions… Cette expérience nous a beaucoup appris sur notre manière de partager nos craintes et nos désaccords. En un mot, elle nous a rendu meilleurs. Nous avons choisi de partager cette expérience avec vous sous la forme de FAQ.

…et surtout nous souhaitons la poursuivre avec vous: transmettez-nous vos questions, suggestions, critiques via la rubrique Contact ! Nous publierons de manière anonyme celles qui nous auront permis d’améliorer notre approche du problème qui nous concerne tous : la majorité d’entre nous, nous, citoyens français, ne sommes pas représentés par la classe politique qui réclame notre suffrage pour paraître légitime à nous gouverner.

1. L’abstentionnisme fait le jeu du FN

Ce qui fait le jeu du FN c’est avant tout la perversion du système électoral lui-même: l’identité entre le vote et l’élection, la réduction de l’acte de voter à l’acte d’élire des représentants. Le système électoral actuel nous donne l’illusion du choix: soit nous choisissons des candidats que nous n’avons pas nous-mêmes choisi (91% de la population ne fait pas confiance aux partis actuels qui désignent seuls leurs représentants) soit nous choisissons de nous abstenir…Nous sommes pris au piège par ce système électoral. D’où l’émergence « du vote utile », « du front républicain » pour faire barrage au FN. Ce qui nourrit le FN, c’est le système lui même.

Le FN a une fonction: la reproduction du système lui-même, un rôle d’épouvantail. Malheureusement, plus nous sommes captifs du jeu électoral et plus le discours du FN sur la collusion des partis et le discours sur les élites (le fameux « UMPS ») devient crédible. Nous sommes pris au piège: soit nous continuons à élire pour faire barrage au FN soit nous nous abstenons/nous nous excluons du seul pouvoir politique que nous avons aujourd’hui: voter pour élire. L’histoire nous a montré que rien n’est éternel, pas même les empires les plus solides. Continuer à cautionner activement (voter pour élire) ou passivement (s’abstenir par résignation) le système électoral actuel revient à se résigner à l’impuissance politique dans laquelle il nous plonge. Résultat: tôt ou tard le barrage cèdera et le FN finira par être élu si nous continuons à jouer le jeu pervers du système électoral actuel. Une majorité d’entre nous souhaite pas voir se scénario se réaliser . Les partis de gouvernement jouent avec le feu. Le « parti des abstentionnistes engagés » est un oxymore, il parodie l’injonction paradoxale du système électoral actuel. Il a une vocation et une seule: non pas faire la promotion de l’abstention en tant que telle mais faire en sorte de politiser l’abstention. Ne pas faire de l’abstention une résignation mais un acte politique : telle est la vocation des Abstentionnistes Engagés. Comprendre notre sentiment d’impuissance politique, les raisons de cette impuissance dans un système où voter = élire, prendre conscience qu’une majorité écrasante d’entre nous (y compris ceux qui votent pour faire barrage au FN) a le sentiment de ne pas être représentée…ce sont les étapes d’un processus par lequel nous sommes passés avant de créer Les Abstentionnistes Engagés. Nousconsidèrons la politisation de l’abstention comme un moyen et non comme une fin. « LAE » est la voix de la majorité qui ne se sent plus représentée et est en cela la véritable alternative au FN. Nous sommes ceux qui ne veulent plus reconduire par nos voix un système qui nous exclu politiquement, qui réduit les citoyens que nous sommes à du bétail électoral. Un exemple pour distinguer le vote et l’élection: le PS qui a été élu lors des élections gouvernementales en 2012 a fait pas plus tard qu' »hier » revoter une loi qui aurait pu davantage encadrer l’évasion fiscale: pensez vous que si cette question avait été soumise à référendum nous aurions collectivement, nous Peuple français, voté contre une loi qui encadre davantage ce genre de pratique? C’est ce sentiment de trahison qui attise la flamme du FN, pas l’abstentionnisme. Il n’y as pas que le référendum classique qui existe…il y a aussi les référendums d’initiative citoyenne qui pourraient être inscrits dans la Constitution : seule une meilleure représentation, des dispositifs politiques permettant davantage d’implication et de participation des citoyens dans les décisions qui les concernent sera un barrage efficace au FN.

      2. Au lieu de boycotter les élections, d’être « contre le système », pourquoi ne pas plutôt lancer un parti qui porte des valeurs tels que Ciudadanos, Podemos, l’UPR ou autre ? Pourquoi ne pas proposer une alternative qui s’inscrive dans le cadre du suffrage ?

Ce n’est pas parce que LAE n’est pas un parti, ce n’est pas parce que nous ne souhaitons pas jouer le jeu du régime « représentatif » actuel que nous n’avons pas de valeurs. Notre première valeur c’est la démocratieet la démocratie ce n’est pas seulement l’élection…La vitalité d’une démocratie se mesure à la capacité d’un régime politique à représenter effectivement le peuple dont il dépend en l’incluant activement au processus de prise de décisions qui concernent son quotidien et son avenir. Le sentiment d’adhésion du peuple vis à vis de son régime politique est un indice de la vitalité démocratique de ce régime. Le taux d’abstention est son baromètre. La seconde valeur des AE est liée à la première: la souveraineté populaire. Notre régime « représentatif » actuel ne jure que par la souveraineté nationale (quand elle ne l’abandonne pas à un échelon supranational). L’élection au suffrage universel du Président de la République et des membres de l’Assemblée Nationale est l’expression de la souveraineté nationale. LAE promeuvent en complément la souveraineté populaire via un Sénat dont les membres seraient tirés au sort…qui d’autres que les citoyens des collectivités territoriales pourraient mieux représenter dans leur diversité les collectivités territoriales? Un mix de souveraineté nationale et populaire permettrait aux citoyens d’être mieux représentés, de participer davantage au processus de prise de décisions qui les concernent. Ce mix constituerait ainsi un régime politique plus démocratique. Ce n’est pas aux seuls chefs de partis de décider de ce qui est bon pour les citoyens français…cela ne veut pas dire pour autant que toute proposition de loi issue d’un parti serait à bannir. Cela veut tout simplement dire qu’il n’y a pas de raison que les partis aient le monopole des propositions de loi. Nos valeurs sont celles là. « LAE » est un groupe de pression citoyen pour l’avènement d’une 1ère Démocratie en France…La politisation de l’abstention est notre moyen de pression : nous savons ce que nous voulons et pourquoi nous le faisons. Nous ne présageons pas de ce que ce mouvement deviendra. Il deviendra ce que nous en ferons. Nous ne briguons aucune place. Nous ne sommes à la solde de personne et ne rendons d’autre compte qu’à nous-mêmes. Nous aspirons juste à être en cohérence avec nos valeurs : ce sont elles qui guident notre action. Nous avons le sentiment de porter une idée dont l’heure est venue. Nous sommes en germe et en pleine croissance !

3. Changer la désignation des membres du Sénat implique de changer la loi donc d’avoir une majorité à l’assemblé nationale. Vous n’arriverez jamais à convaincre le professionnels de la politique de scier la branche sur laquelle ils sont assis

N’ayons pas peur des mots. Au delà de changer la loi, ça impliquerait carrément de changer la Constitution (notamment l’article 24 qui stipule que les membres du Sénat sont élus au suffrage universel indirect). Pire qu’une majorité, il faut l’accord des 3/5ème du Parlement. Il est généralement plus concevable pour la minorité qui détient le pouvoir d’étendre ses prérogatives pour le « bien de la majorité » plutôt que de partager son exercice. Ceci étant, faut-il abandonner un projet ou cesser d’y croire parce que la tâche est ardue et sa réalisation compliquée ? Parlez-en aux Islandais qui ont été les acteurs de la Révolution des Casseroles en 2008-2009. Les Islandais ont manifesté sur la place publique pour demander la démission du gouvernement cautionnant le renflouement des banques par la dette publique suite à la crise financière de 2008. Leur ténacité n’a d’égal que leur citoyenneté. Si on se perçoit seulement comme un électeur passif, c’est sûr…la perspective d’un Sénat tiré au Sort n’est pas pour demain. La pression exercée par les islandais ont contraint une coalition de partis à proposer le recours à une Assemblée constituante incluant le tirage au sort comme mode de désignation. Les islandais ont vécu leur citoyenneté : ils ont prouvé qu’ils étaient des citoyens avant d’être des électeurs. Alors que le projet de Constitution a été ratifié par référendum, les partis réticents au partage du pouvoir ont bloqué son application. Il est difficile de faire admettre à ceux qui le détiennent que le pouvoir ça se partage et ça s’encadre. En tout cas, on n’a pas rien sans rien et comme on dit en Islande, qui ne tente rien n’a rien. Ceux qui attendront que ça leur tombe tout cuit dans le bec mourront de faim. Les Islandais doivent maintenir la pression qu’ils ont exercée avec succès pour transformer l’essai. Les Français doivent se mettre en mouvement pour cela. LEA contribue modestement mais sûrement à la politisation de l’abstention, première étape pour fédérer la majorité sans voix, avant de la mobiliser autour d’un enjeu: l’exercice de la citoyenneté. Une citoyenneté qui ne se réduit pas à l’exercice périodique du glissement d’un buletin dans une urne. Nous ne sommes pas naïfs: nous savons que la route sera longue, le chemin escarpé, mais nous savons ce que nous voulons et pourquoi nous le faisons. Nous parviendrons à diffuser le message, à fédérer, si nous appliquons un principe : ce qui unit la majorité d’entre nous est plus fort que ce qui nous divise. Nous sommes des chenilles. Notre métamorphose en papillon dépendra de notre capacité à revendiquer massivement notre abstentionnisme comme acte politique. La revendication d’un taux d’abstention élevé dans les élections à venir mettra le « premier parti de France » en position de force pour influencer le programme des partis dans le sens d’une participation accrue des citoyens au processus de prise de décisions qui les concernent. Nous ne savons pas que c’est impossible, alors nous le ferons. Rien ne peut arrêter une majorité unie qui a décidé de reprendre son destin en main.

 4. Dans l’abstention, il n’y a pas que ceux qui ne se sentent pas représentés. Il y a également  ceux qui se désintéressent de la politique et qui s’abstiennent pour cette seule raison. Ainsi, le score du « parti de l’abstention », aussi élevé soit-il, n’est pas interprétable…Comment connaître la part des Abstentionnistes qui se désintéressent de la politique…et qui ne peuvent de fait être comptabilisés comme AE ?  Pourquoi ne pas voter blanc plutôt que s’abstenir ?

Le vote blanc n’est pas plus homogène que l’abstentionnisme. Je connais des électeurs qui ont voté blanc aux dernières présidentielles en 2012 parce que leur candidat UMP et leur candidat PS n’ont pas été investi… De plus, le vote blanc n’a aucun statut et ne permettrait pas d’annuler une élection s’il était majoritaire. En votant blanc, j’exprime juste mon refus de l’offre politique qui s’impose à moi tout en participant de plein gré à la légitimité du régime représentatif tel qu’il est. Il y a aujourd’hui des mouvements et partis qui tentent d’incarner le vote blanc en acceptant de jouer le jeu de ce régime représentatif qui ne représente qu’une minorité. Nous considérons que c’est se jeter dans la gueule du loup. La classe politique a davantage peur d’un abstentionniste que d’un « blanc »: les candidats et les médias se focalisent sur le taux de participation. Souvenez-vous de la colère et de l’indignation d’une partie de la classe politique lorsque l’abstention à dépassé les 50%. Le vote obligatoire a même été évoqué…ben voyons : avec le vote obligatoire plus de problème de légitimité. L’important, ce n’est pas tant que les électeurs votent pour un parti, c’est qu’ils votent (même blanc) pour légitimer la mainmise des partis sur nos vies et nos choix de société. Nous ne croyons pas à l’incarnation du vote blanc prônée par certains. Nous ne croyons pas au succès d’un candidat du vote blanc. Considérant que les médias français sont possédés par 7 milliardaires et qu’il y a un lien entre médiatisation, financement des partis et suffrage, je vous fiche mon billet que le candidat du vote blanc sera pris dans la nasse médiatique…Le story-telling de la classe politique reprendra de plus belle…le candidat du vote blanc n’aura juste été que l’idiot utile de la légitimation du régime soi-disant représentatif.

D’autre part, quelle que soit la nature de l’abstention, elle constitue en elle-même un échec pour le régime « représentatif » actuel. Le désintérêt de certains abstentionnistes est en soi un symptôme de l’échec du régime représentatif actuel. Imaginez que la troisième de nos propositions soit adoptée: un Sénat tirée au sort. Nous sommes convaincus que la perspective d’une participation régulière des citoyens passionnerait le pays pour la simple et bonne raison qu’elle serait historique ! Nous serions tous en empathie avec les tirés au sort. Imaginez la couverture médiatique  (voir l’affiche qui met en exergue le lien entre suffrage et couverture médiatique) : les focus sur la formation des citoyens aux processus institutionnels, les raisons pour lesquelles ce citoyen a choisi de voter telle proposition de loi, pourquoi cet autre a choisi de promouvoir l’amendement de ce texte, les retours d’expérience démocratique une fois le mandat unique terminé…L’enthousiasme pour la « politique » serait au rendez-vous…signe d’une vigueur démocratique retrouvée. Combien de français se désintéressent de la politique ? Personne ne se désintéresse de ce qui a des impacts sur son quotidien. Ce qui produit le désintérêt actuel pour la « politique », c’est l’état de délabrement du régime « représentatif » actuel.

5. Même a 90% d’abstention, il ne se passera rien…

‘Nous sommes à la fois humbles et déterminés: nous ne sommes sûrs de rien mais nous savons ce que nous voulons et pourquoi nous le faisons. « LAE » ne propose pas des solutions clés en main pour résoudre en un coup de baguette magique le problème de la représentation politique du peuple français. Nous pensons qu’il faut procéder par étape. Nous avons des convictions qui nous engagent à l’action, pas de certitudes qui nous empêchent d’agir. Cette assertion « même à 90% d’abstention, il ne se passera rien » est l’illustration de la résignation engendrée par le « there is nos alternative » du système électoral actuel. Nietzsche disait « seule la certitude rend fou ». Nous dirions aujourd’hui: Seul le sentiment de l’absence d’alternative rend un peuple résigné. Nous sommes confiants et déterminés à agir pacifiquement pour politiser l’abstention. La finalité de notre démarche est politique. Pour l’instant, nous oeuvrons à la diffusion du message qui dit en substance « il existe des alternatives à notre sentiment d’impuissance politique programmée ». Nous diffusons largement ce message politique dont chacun peut se faire le relai avec une fibre et une ferveur artistique et/ou philosophique. Nous procédons étape par étape. Avec humilité et ambition. Nous souhaitons d’abord sensibiliser et interpeller nos concitoyens. Nous restons pragmatiques et gardons les pieds sur terre : nous avons pour projet de sensibiliser les sans voix, ceux de nos compatriotes qui ne se sentent pas représentés politiquement, ceux qui se sentent impuissants politiquement, ceux qui ont fini par se résigner, ceux qui ne veulent plus aller voter pour le moins pire…parce qu’ils ne veulent plus cautionner leur propre impuissance politique. Nous souhaitons mobiliser en dehors du canal des médias classiques et de ses contenus formatés. Médias dont nous pouvons doutés de l’impartialité étant donné qu’ils sont détenus par une poignée d’hommes d’affaire. Après être parvenu à mobiliser et agréger les sans voix de tous horizons, nous ne pouvons pas présager de ce dont sera capable cette force politique soustraite à la « représentation » nationale: elle devra elle-même collectivement décider de son destin. Nous n’avons pas de certitudes, nous avons des convictions. Si nous réussissons à politiser l’abstention, nous sommes convaincus qu’un fort taux d’abstention contribuera à la réforme du régime « représentatif » actuel.

6. Critique sur le tirage au sort (tout le monde n’est pas compétent, tout le monde ne souhaite pas avoir des responsabilités politiques, pression des employeurs sur la participation des tirés au sort…)

La question de la compétence revient souvent lorsque l’on parle de tirage au sort. Mettons les choses au clair : une démocratie digne de ce nom doit postuler l’égalité politique de tous les citoyens. Si vous êtes sceptique, posez-vous la question de savoir dans l’Histoire, même récente, si un élu est plus apte, plus compétent politiquement qu’un citoyen tiré au sort. Ce qui va rendre un jeune élu compétent, c’est son travail, celui qu’il va faire sur un sujet particulier. C’est pareil pour un citoyen tiré au sort.

http://chouard.org/blog/2014/11/02/election-vs-tirage-au-sort-lobjection-de-la-competence/

Nous n’avons pas de position tranchée sur le fait de savoir si un citoyen tiré au sort a l’obligation (comme les jurés) ou non de participer à  l’Assemblé Populaire. On pourrait concevoir que le tirage au sort soit réalisé sur la base du volontariat. Sujet à débattre démocratiquement entre citoyens 🙂 . Par contre, comme pour les jurés, l’employeur d’un tiré au sort aura l’obligation de le laisser faire son devoir civique (l’employeur remplace un salarié pour un congé maternité, pourquoi pas pour un congé « citoyen »). L’heureux tiré au sort sera indemnisé par l’Etat durant son « service civique ».

7. Dans quelle mesure une Assemblée tirée au sort représenterait mieux les citoyens que le régime représentatif actuel ?

Il suffit de regarder la liste des députés par Catégorie Socio-Professionnelles…

http://www.assemblee-nationale.fr/qui/xml/cat_soc_prof.asp?legislature=14

La propension d’ouvriers, d’employés, de professions non cadre est bien plus importante parmi le peuple français qu’au sein de la classe politique censée le représenter. Consciemment ou non, notre éducation, le capital social, économique et culturel que nous avons acquis façonnent notre vision du monde. Une proportion importante des ministres et hommes/femmes d’Etat de la Vème République proviennent des mêmes grandes écoles. Cela créé une homogénéité de points de vue susceptibles de mettre en échec la représentation du peuple français :

http://www.toupie.org/Dictionnaire/Reproduction_sociale.htm

L’introduction d’une dose de tirage au sort dans la désignation de nos représentants augmenterait les chances de représentativité du peuple français dans sa diversité et permettrait à des français de tous horizons de participer activement au processus de prise de décisions qui les concernent. Il n’y a pas de réelle démocratie sans participation des citoyens à la prise de décision publique. Le déficit de représentativité du peuple français que traduit l’homogénéité sociale des élus constitue un déficit démocratique. Il ne s’agit pas de tout révolutionner: conserver l’Assemblée nationale en l’Etat et essayons pour améliorer la représentativité du peuple français de changer le mode de désignation des Sénateurs pour faire du Sénat une Assemblée populaire. Réformons nos institutions dans un perspective plus démocratique: à l’Assemblée nationale la souveraineté nationale, à l’Assemblée populaire (au Sénat) la souveraineté populaire. Nous invitons tous les abstentionnistes à nous rejoindre: avant toute chose, il n’y a pas de démocratie possible sans citoyens engagés.