M. Philippot, le FN n’a pas le monopole de la Souveraineté

Souveraineté et Démocratie

 

Florian Philippot a été invité à contre-coeur par l’équipe de l’émission « On n’est pas couché ». En effet, Laurent Ruquier ne s’est pas privé de dire qu’il a été contraint d’inviter un représentant du FN compte-tenu de la Loi CSA sur l’équité du temps de parole dans les médias. Loi qui impose que les « gros » partis (contrairement aux « petits ») aient un temps d’antenne correspondant à leur score électoral

Il nous semble indispensable qu’un des représentants de ce parti puisse être interrogé par un média de masse sur son programme politique, au même titre que les autres partis le sont.

Hélas, nous avons assisté hier soir aux postures affligeantes de Laurent Ruquier et de ses chroniqueurs, face à un Florian Philippot, qui a su en tirer parti.

Les chroniqueurs de l’émission ONPC ont bien malgré eux servi la soupe au FN. Semblent-ils attachés au régime représentatif actuel, les chroniqueurs du statu quo républicain et pro-européen ont attaqué F. Philippot sur la sortie de l’euro et de l’Union européenne et ne l’ont pas (ou trop peu) interrogé sur ce qui constitue le reste du programme du FN. Nous croyons que la tentative de diabolisation du FN, plutôt que de rentrer dans le détail de son programme et d’y répondre point par point, renforce l’audience et la crédibilité de ce parti…surtout quand on connaît la confiance que les citoyens français accorde à la parole médiatique.

M.Philippot a donc eu tout le loisir de présenter le FN comme la seule alternative au système en vigueur…en affirmant (à juste titre) que la Souveraineté est la condition de la Démocratie. En d’autres termes, pas de démocratie possible si des citoyens se voient imposer des lois qu’ils ont majoritairement rejetées. Le « Non » français au référendum de 2005 est à ce titre emblématique du déficit démocratique/de souveraineté dont souffre notre pays. Autre exemple, la « Loi Travail », une loi pour laquelle François Hollande n’a pas de mandat puisqu’il n’a pas été élu sur une telle proposition. Une loi dont les français ne veulent pas…une loi qui impose à son Président, un suicide politique programmé à un an de l’élection présidentielle. Mais pourquoi se tirer une balle dans le pied si ce n’est pour traduire en droit français la politique européenne.

ONPC…quand c’est comme ça, c’est nous qu’il faut inviter pour débattre avec le FN. M. Ruquier, pour vous prouver que nous aurions fait au moins aussi bien que vos chiens de garde, voici ce que nous aurions répondu à M. Philippot.

M. Philippot, Oui la Souveraineté est la condition de la Démocratie. Oui le FN est un parti aussi Républicain que le PS…car il ne compte pas remettre en cause la Constitution de la Vème République. Parce qu’il ne compte pas démocratiser ses institutions.

La Démocratie M. Phillipot implique non seulement la Souveraineté dont nous sommes expropriés…mais également des Institutions qui garantissent une participation régulière des citoyens aux décisions qui concernent leur quotidien et leur avenir.

M. Philippot, le régime représentatif actuel n’est pas la démocratie que vous prétendez défendre. Le régime politique consacré par la Vème République que vous chérissez n’est pas la démocratie. Nous ne voulons donner ni au FN, ni aux autres partis politiques, un mandat qui vous donnerait une légitimité pour écarter les citoyens de toute forme de participation politique autre qu’électorale.

Enfin, M. Philippot, vous parlez du problème de l’immigration en France (voir l’intégralité de l’interview). Combien d’étrangers y a-t-il en France ? Combien l’immigration rapporte-t-elle à la France et combien coûte-t-elle ? (Nous vous invitons à taper dans un moteur de recherche « coût de l’immigration en France » et à consulter plusieurs sources pour vous faire votre propre avis).

M. Philippot, vous jouez sur la peur des français, sur la peur du déclassement, sur la peur bien réelle pour bon nombre de français de ne pas boucler la fin du mois (des fins de mois qui durent parfois plus de deux semaines…). Oui, ce phénomène peut être l’effet direct ou indirect de lois supranationales que les citoyens n’ont pas choisies voire rejetées.

Ce que vous omettez de dire M. Philippot, c’est qu’il existe un chômage structurel, un chômage qui ne va pas cesser de croître, dû à la mécanisation, à la robotisation et à la digitalisation à l’œuvre dans tous les secteurs d’activité. Mettre des barbelés à nos frontières revient à mettre un pansement sur une jambe de bois : cela ne résoudra pas le problème.

Seul un revenu de base fondé sur une monnaie libre jette les bases d’un projet de société à la fois audacieux et cohérent. Un revenu de base…car il y aura de moins en moins d’emplois à l’avenir. Une monnaie libre… car Franc ou Euro, si la création monétaire reste basée sur le crédit bancaire (comme c’est le cas aujourd’hui), alors nous ne nous affranchirons pas de la laisse par laquelle les créanciers nous tiennent : la souveraineté que vous promouvez n’est pas démocratique mais oligarchique.

Par ailleurs, dans cette interview, vous parlez de la croissance dont bénéficient les pays européens hors zone euro et des bienfaits économiques pour la compétitivité des entreprises françaises d’un retour à une monnaie nationale. Vous n’avez pas tort…mais au fond, vous êtes fait du même bois que la classe politique dont vous êtes issue.

Vous faites comme les autres allégeances au dogme de la croissance qui nous conduira tous dans le mur.

Les médias de masse font peu de cas des alternatives démocratiques existantes et ne parlent pas des événements qui pourraient remettre en cause les intérêts de ceux qui ont un droit de veto sur la grille des programmes.

La consanguinité idéologique des journalistes et éditorialistes qui composent ces médias vous permet M. Philippot, vous et votre parti, de passer pour la seule alternative au système politique actuel. Vous êtes au contraire celle que le système s’est choisi pour perdurer tel qu’il est. Au pire, ce système vous laissera prendre le pouvoir (comme elle l’a fait pour Alexis Tsipras) pour mieux vous briser, couper les vivres à un gouvernement FN, pour montrer à titre d’exemples que Margaret Thatcher avait raison : « There is no alternative ».

Ni vous, ni Mélenchon qui joue le bluff de Tsipras en menaçant de sortir de l’euro, ni même l’ensemble des partis politiques, si l’on additionne leurs scores, ne représentent la majorité d’entre nous.

La majorité d’entre nous, citoyens français, est abstentionniste, vote blanc ou pour un « petit » parti qui n’aura jamais voix au chapitre. La majorité d’entre nous ne veut pas subir des décisions que vous prendriez à notre place, contre notre gré. Décisions qui impactent, parfois considérablement, le quotidien et l’avenir de chacun d’entre nous.

Nous ne souhaitons pas, M. Philippot, être divisés et nous déchirer par votre rhétorique et vos polémiques, dont la classe politique à laquelle vous appartenez à le secret (du Front de gauche au FN en passant par vos ennemis de « l’UMPS »).

Nous ne sommes pas contre votre libre expression dans les médias de masse, contrairement à certains. Nous ne pensons pas que vous soyez anti-républicain…ni plus ni moins que le Président Hollande, chantre de la constitutionnalisation de l’état d’urgence. Au contraire, nous pensons que le régime représentatif, oligarchique, de la  Vème  République vous va comme un gant. Vous êtes un oligarque souverainiste et non un oligarque internationaliste, et là se trouve votre singularité dans la classe politique actuelle.

La majorité d’entre nous, citoyens français, (abstentionnistes engagés, électeurs du vote blanc et des « petits » partis) veut la Démocratie, en finir avec la Constitution de la Vème République qui crée les conditions de notre impuissance politique et promeut au pouvoir une oligarchie que vous représentez, à votre manière.

Plus que jamais,  votre interview du 04 juin 2016 dans l’émission « On n’est pas couché » nous a démontré l’urgence d’une initiative telle que #JourDebout pour l’avènement d’u 1ère Démocratie en France.

Electeurs abstentionnistes, Electeurs du vote blanc, Electeurs des « petits » partis, donnons-nous rendez-voous sur nos places publiques, dans un esprit pacifique et ouvert, à partir du 23 avril 2017 (jour du 1er tour des présidentielles). Que ceux qui souhaitent glisser un bulletin dans l’urne se joignent à nous de retour de l’isoloir. Nous serons à proximité des bureaux de vote dès leur ouverture pour faire entendre notre voix.

#JourDebout sera à la France ce que la Révolution des Casseroles a été à l’Islande.

Si nous voulons la démocratie, il faudra aller la chercher. La démocratie ne se fera pas sans nous.

#JourDebout